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Cette demoiselle est appelée communément la "demoiselle domino", cela faisant référence à son apparence.
Mais les noms communs sont nombreux, par exemples :
C'est un poisson décrit par Rüppell en 1829, dont l'origine taxonomique est Dascyllus, du grec daskillos qui est le nom d'un poisson vivant dans la vase et du latin trimaculatus qui signifie
littéralement : "à trois taches".
Cuvier écrit simplement : "Les dascylles ressemblent aux pomacentres, aux dents près, qui ne sont pas tranchantes et sur une seule rangée, mais sur une bande en velours ras, et celles du rang extérieur plus fortes,
coniques et pointues". Il en connaît trois espèces : aruanus, marginatus, trimaculatus.
La révision du genre par Helen A. Randall et Gerald R. Allen (Records of the Australian Museum, 1977), à laquelle l'essentiel de cette fiche est emprunté; propose la définition suivante : " Un Pomacentridé
de la sous-famille Chrominae avec la combinaison de caractères suivante : rayons dorsaux XII, 11 à 16; rayons anaux II, 11 à 15 ; rayons pectoraux 17 à 21; écailles tubulées de la ligne latérale 15 à 20; branchiospines
du ler arc 5 à 8 + 15 à 23; dents coniques, relativement grandes sur le devant des mâchoires et diminuant de taille vers l'arrière, une bande de petites dents villiformes en arrière des grandes dents sur le devant des
mâchoires, la rangée la plus externe avec en général 36 à 44 dents à chaque mâchoire; bords du préorbitaire, suborbitaire et préopercule finement dentés; os operculaires avec la marge postérieure lisse ou faiblement dentée
ou crénelée; tête entièrement écailleuse, à l'exception des lèvres et de l'isthme; narines doubles, unies par un sillon nu, peu profond, de chaque côté du museau, orifice antérieur arrondi, bien visible, l'orifice postérieur
est une fente peu visible près de la ride orbitaire ; 2 rayons spiniformes dirigés vers lavant à la base dorsale et ventrale de la caudale.
Proportions du corps (simplifié). Corps orbiculaire, élevé pour la famille; tête relativement courte. Taille maximum de 50 mm LS pour Dascyllus carneus et Dascyllus marginatus à 100 - 120 mm LS
pour Dascyllus trimaculatus.
Le genre compte 9 espèces : albisella Gill (Hawaï), aruanus Linnaeus (Indopacifique), carneus Fischer (Océan indien), marginatus Rülipell (Mer rouge), melanurus Bleeker
(Archipel indoaustralien), reticulatus Richardson (Océan indien oriental et pacifique occidental), trimaculatus Rüppell, strasburgi Klausewitz (Marquises), flavicaudus
Randall et Allen (Océanis sud-orientale). Les 7 premières sont couramment importées.
D XII, 15 ; A II, 14 ; P 19 - 20 ; ligne latérale : 19 - 20 écailles tubulées.
Coloration des jeunes : Corps entièrement noir profond, bien que le centre des écailles soit un peu plus clair et bleuâtre ; 3 taches d'un blanc éclatant, une médiane sur le front et une de chaque côté vers
le milieu du dos (traversée par les 10e - 13e écailles tubulées de la ligne latérale). Ces coloris contrastés jouent sans doute le rôle de signaux optiques. Nageoires noires, sauf les pectorales et la moitié externe de la
portion molle de la dorsale qui sont hyalines.
Coloration des adultes : Variable, en fonction de l'état physiologique (comportement) et des conditions de milieu. En général, la tache frontale manque et les taches latérales sont considérablement réduites
(voire absentes), recouvrant seulement une ou deux écailles, au dessus des l0e - 13e de la ligne latérale. La structure fine de ces "points luisants", connus chez divers Téléostéens, a été étudiée par I. Amemiya et Y. Hiyama
(Japan. J. Zoology, 1941). La tête et les nageoires sont typiquement noires, parfois infiltrées de brun rouge, et les écailles du corps ont un centre plus clair, allant d'un gris sombre à un gris bleu pâle. Les colorations
générales pâles sont présentées habituellement lors de la prise de nourriture ou par les mâles en action de cour. En certaines régions (îles de la Ligne, Gilbert et Fidji) existe un variant chez lequel les
nageoires pelviennes, l'anale et la nageoire caudale
sont orangées, cette coloration pouvant s'étendre sur l'abdomen, la poitrine et la portion inférieure de la tête ; il y a-en plus une série de taches allongées, oranges, dans la partie moyenne de la
nageoire dorsale épineuse. On rencontre des types intermédiaires. La variété orange serait liée à des eaux relativement turbides et riches en sédiments.
Dascyllus trimaculatus est la plus grande espèce du genre, jusqu'à 120 mm LS ; 19 - 110 mm LS (Longueur Standard, sans la queue) sur plus de 200 spécimens. Les dimensions restent modestes (moins de 100 mm LT [Longueur Totale, avec la queue]) dans les conditions ordinaires de l'aquarium.
Mer Rouge, Océan Indien, Océan Pacifique occidental et central. Sur la côte africaine, il atteint Durban au sud; dans le Pacifique, le sud du Japon vers le nord et la région de Sydney vers le sud; sa limite orientale est constituée par les îles de la Ligne, les Touamotou et le groupe des Pitcairn. Il est remplacé par des espèces très voisines aux îles Hawaï (Dascyllus albisella) et aux Marquises (Dascyllus strasburgi).
Habite les lagons, les passes et les environs du récif extérieur, à des profondeurs de 1 à 55 m au moins, en groupes petits ou relativement
grands (plus de 50 individus), dans les zones rocheuses ou coralliennes. Se nourrit de plancton en pleine eau (60% de Copépodes et autres Crustacés planctoniques, 40% d'algues aux Palau, selon Allen).
Les juvéniles sont ordinairement associés à des coraux branchus ou à de grandes anémones Stichodactylines. 60 individus ont été observés dans une seule anémone (Allen). Les contacts avec l'anémone sont moins fréquents
que dans le cas des Amphiprions, mais les poissons se réfugient parmi les tentacules en cas de danger. Les adultes sont indépendants des anémones.
Il n'existe pas de dimorphisme sexuel secondaire, mais J. Garnaud (Bulletin Instant Océan., 1957) affirme cependant que "le mâle est toujours beaucoup plus grand que la femelle", assertion qui n'a pas été retenue par
ses successeurs ; les mâles de son élevage mesuraient 120 à 130 mm LT et les femelles 80 à 90 mm LT.
Dans la nature, les oeufs sont déposés sur des branches de corail mort, des rochers nus, ou des supports artificiels, tels que les épaves ou les filins abandonnés.
Les premières données complètes sont dues à J. Garnaud et à O. Koenig (D.A.T.Z., 1957), mais dès 1934, W. Ladiges (Poissons exotiques, traduction française, imprimé en Allemagne, sans éditeur) considère ce poisson
comme très résistant et convenant pour n'importe quel bassin. Garnaud remarque que Dascyllus trimaculatus est encore plus facile à nourrir que les deux ou trois autres espèces qui étaient importées à l'époque; les
alevins, qui ne mesurent souvent pas plus de 1 à 2 centimètres, se développent rapidement et commencent à pondre un an après leur arrivée. Il recommande un seul couple par bac de 100 litres, 24 °C, une nourriture aussi variée
que possible en repas légers, mais fréquents, un éclairement suffisant, densité 1,029 et pH indifférent (éviter cependant de
descendre au dessous de 7,2 - 7,3, la densité indiquée pouvant être ramenée aux environs de 1,020). Il observe aussi
l'émission de sons assez variés, de tonalités différentes, audibles à plusieurs mètres de l'aquarium.
Selon lui, cette espèce serait moins "bavarde" que Dascyllus carneus. Ces "grognements", dont le mécanisme de production n'est
pas entièrement élucidé, sont liés à des comportements agonistiques entre partenaires d'un couple ou entre individu
territorial et intrus de même espèce ou d'espèce différente (voir G.R. Allen, The Anemonefishes, T.F.H., 1972, pour
Amphiprion spp.).
Après plusieurs années de vie en aquarium, on constate souvent une structure sociale "en trio", celui-ci composé
d'un couple reproducteur et d'un spécimen en inhibition sociale, resté plus petit que les reproducteurs, les autres spécimens
(7 pour le groupe élevé à Nancy depuis juillet 1970) ayant été progressivement éliminés. Nous avons fait les mêmes observations sur une période de 8 - 9 ans pour Chromis caerulea (une quinzaine au départ) et divers
Amphiprions (allardi clarkii, frenatus, perideraion). La longévité dépasse certainement 10 années, comme celle des
autres espèces du genre (12 ans 1/2 pour un Dascyllus carneus). L'agressivité, faible chez les jeunes qui vivent en bandes,
augmente avec l'âge et peut créer de sérieuses difficultés lorsque l'on introduit de nouveaux pensionnaires dans le bassin.
Les pontes sont fréquentes en aquarium, précédées par un comportement de cour du mâle, identique à celui de Dascyllus aruanus, et consistant en une série de "sauts" rapprochés, rappelant le saut d'obstacle
(jumping signal), au cours desquels la couleur du corps devient subitement très pâle, d'un gris bleuté ou rosé. Cette coloration
ne constitue pas une "parure de noces" à proprement parler, comme le croyait Garnaud, puisqu'elle se manifeste aussi en d'autres circonstances
(Koenig et ci-dessus).
Un mâle peut s'accoupler avec plusieurs femelles qui produisent alors des pontes groupées occupant une surface
particulièrement grande (20 cm de diamètre pour 2 femelles de l'Aquarium Artis, de Graaf, 1977, Elsevier Séquoia, Bruxelles).
Garnaud écrit qu'il n'y a pas de nettoyage préalable de l'emplacement de ponte, et pense qu'il s'agit là d'une
particularité de cette espèce. Pourtant, le nettoyage du substrat, principalement par le mâle, a été
mentionné par la plupart des auteurs depuis Koenig et nous l'avons nous-même constaté. La ponte débute le matin, peu
après le lever du soleil, parfois vers 10 heures du matin, selon Garnaud. L'ovipositeur est conique, gris rosé, long de 5 mm environ.
Une ponte est évaluée en général à plus d'un millier d'oeufs et en compte jusqu'à 21.809,
d'après un dénombrement très exact sur une photographie, dû à Garnaud ; celui-ci estime que, compte tenu des conditions dures de la captivité, 20.000 - 25.000 oeufs sont déposés dans la nature. De forme elliptique, leur taille
moyenne est de 0,70 mm de long sur 0,49 mm de large (Garnaud) ; ils sont fixés au substrat par un long pédoncule qui prolonge l'un des
pôles, et disposés en petits groupes plus ou moins espacés les uns des autres. La coque est lisse, incolore et translucide. Le
mâle garde et défend la ponte, lui prodiguant les soins nécessaires avec la bouche, les pectorales et la caudale : nettoyage, ventilation, protection contre d'éventuels parasites ou prédateurs.
L'éclosion a lieu après 3 ou 4 jours, selon la température (24 à 29 °C selon les auteurs) et sans doute
d'autres facteurs, et s'étale sur une journée environ. Les larves, longues de 2,05 à 2,20 mm, sont pélagiques pendant
les premières semaines et leur élevage a échoué jusqu'ici, faute de nourriture adéquate. La mort survient
après 3 ou 4 jours lorsque, ayant résorbé leur sac vitellin vers le 2e jour, les larves ont épuisé toutes leurs réserves.
La fréquence des pontes est variable, entrecoupée de repos sexuels plus ou moins prolongés. Garnaud indique un intervalle moyen d'une dizaine de jours, avec un minimum de 6 jours ; de Graaf (loc. cit.) mentionne
8, 12, 14 et 20 pontes par an ce qui correspondrait à des repos sexuels de 5 mois 1/2 à 9 mois 1/2.