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Cette anémone a une appellation incertaine car de nombreux auteurs donnent les deux taxons cités, Anemonia sulcata (Pennant, 1777) ou Anemonia viridis (Forsskål, 1775),
comme synonymes et Daphne G. Fautin a proposé un regroupement des 2 espèces en 2004 avec une différenciation des deux anémones de mer en une seule espèce mais une variété : Anemonia sulcata et Anemonia sulcata var. viridis.
Toutefois, à l'heure actuelle, rien n'est entériné officiellement et, à ce jour, les deux espèces coexistent toujours dans l'arbre phylogénique des espèces. D'ailleurs, il existe encore d'autres variétés :
Anemonia sulcata var. rufescens, Anemonia sulcata var. smaragdina, Anemonia sulcata var. smaragdina II ou encore Anemonia sulcata var. vulgaris. Il est également probable que
Anemonia rustica rejoigne ce groupe et prenne le taxon suivant : Anemonia sulcata var. rustica.
Dans tous les cas, ce sont surtout les Anemonia proches de la surface qui nous intéressent dans le cadre de ce document, et que ces Anemonia soient issues des côtes Nord-Est de l'Océan Atlantique, de la Manche
ou de la Mer Méditerranée importe peu car elles abritent toutes divers animaux (crevettes et crabes surtout). Toutefois, seules les variétés
méditerranéennes accueillent un gobie symbiotique (exactement comme les poissons-clowns des mers tropicales) : Gobius bucchichii (Steindachner, 1870).
Anemonia sulcata est une espèce qui vit sur le fond (espèce benthique), dans les anfractuosités des rochers; sessile, son corps est directement fixé au support sans pédoncule, tout comme les anémones de mer
tropicales. Elle affectionne, entre 0 et 50 mètres de profondeur, les milieux éclairés de l'étage infralittoral, en zone plutôt calme (le brassage en aquarium sera donc modéré). Elle ne résiste pas à l'émersion car elle ne supporte
pas la dessiccation malgré une rétraction partielle de ses tentacules; une attente trop longue à l'air libre la tuera irrémédiablement. C'est une espèce caractérisée par de longs et nombreux tentacules (jusqu'à 192 pour le type
sulcata, jusqu'à 384 pour le type viridis), peu rétractiles et disposés en six formations concentriques. La base (c.à.d. le pied) adhère parfaitement bien au substrat et est plus large que la colonne, laquelle demeure
généralement enfouie jusqu'à la couronne tentaculaire.
Gobius bucchichii est un petit poisson très souvent parasité par des acanthocéphales, des nématodes ou encore des trématodes, il faut faire attention lors de son acclimatation. Un bain d'eau douce
tamponné au pH de l'eau de destination peut être salutaire pour éviter d'introduire ces parasites.
Comme tous les gobies, c'est un poisson benthique, mauvais nageur, qui ne possède pas de vessie natatoire; sa nage se fait par des mouvements ramés des nageoires pectorales et de brusques coups de queue. Ses déplacements
sont limités : c'est une espèce vagile qui se déplace sur les fonds rocheux ou sableux et dans l'herbier de posidonie. Il est capable de se fixer sur une pierre ou dans l'anémone à l'aide de sa ventouse ventrale. Les gobies sont
remarquables par leur pouvoir de mimétisme; le mimétisme étant la ressemblance extérieure avec d'autres espèces ou avec le substrat. La tête porte des canaux sensoriels muqueux qui débouchent à l'extérieur par de gros pores et des
papilles sensorielles ou génipores alignées sous l'oeil et visibles après avoir fait subir au sujet un traitement révélateur spécial. C'est un poisson prédateur zoophage ou
carnivore macrophage qui consomme des crustacés (Copépodes et Amphipodes), des vers, des mollusques, des
échinodermes, des bivalves, des gastéropodes et et même des alevins de poissons. La reproduction sexuée a lieu entre mai et août de chaque
année; c'est un animal à sexes séparés. Comme les autres gobies, il est ovipare, et vraisemblablement la femelle pond des oeufs collés sur
un aplat rocheux aménagé par le mâle sous la protection de l'anémone qui leur sert d'hôte; ce dernier surveille la ponte et défend aussi
son territoire. La larve est pélagique planctonique avant d'être benthique.
Gobius bucchichii est une espèce de gobie sténohaline
qui ne supporte pas de fortes variations de salinité.