Avant même de commencer, il faut tenir compte de cet avertissement :
Débuter un aquarium marin provoque un sérieux changement des modèles comportementaux humains. C'est ainsi que vous serez surpris à regarder et à observer, complètement rêveur, votre aquarium pendant des heures, appuyé sur vos
coudes, votre tête entre vos mains... Vous vous prendrez à téléphoner à l'amour de votre vie (ou n'importe qui !!!) au milieu de la nuit seulement pour dire que vous venez juste de découvrir un nouveau polype ou un nouveau vers
d'environ 1 mm de long, tout fin et rouge flamboyant… Ou encore, vous admirerez sans modération votre aquarium marin géographique, représentatif du biotope choisi ! Vous n'achèterez plus de nouveaux vêtements ou de meubles parce
que votre aquarium a REELLEMENT besoin de ce nouvel éclairage, de ce nouvel équipement...
Bref, vous entrez dans un univers à multiples dimensions, celui de la passion... Immodérément.
De nombreuses abréviations courantes dans le langage des aquariophiles marins sont utilisées. Vous trouverez leur définition dans le glossaire en toute fin de ce document.
En conséquence et en tout premier lieu, glanez d'abord tous les conseils possibles :
Souvent, la première source d'informations que vous aurez se trouve dans le magasin local d'écailles ou dans une animalerie. Premier principe dont il faut se rappeler, ces professionnels n'ont rien de philanthropes et ils
existent principalement pour « faire » de l'argent ! Qu'ils gagnent de l'argent ou soient près de la faillite importe peu, ils essayeront toujours de vous vendre le plus cher des articles (souvent tout à fait inutile), ou plus
subtil, de préférence quelque chose que vous devrez améliorer plus tard (c'est-à-dire une autre vente pour eux…). Ceux-ci sont encore de bons magasins ! Les mauvais magasins vous vendront également des êtres vivants incompatibles
avec votre aquarium, ou des poissons malades ou non acclimatés, ou même des poissons pêchés avec des poisons (cyanures). Ils savent, la plupart du temps car ce sont des professionnels, à l'avance qu'ils mourront après quelques
jours. Mais qui sera blâmé ? VOUS car votre eau est de mauvaise qualité (un seul paramètre défavorable leur donnera raison), car votre filtre n'est pas adapté, etc... Du coup, « vous avez également besoin de cet UV 'C' pour
stériliser l'eau et endiguer la maladie des points blancs » quand une simple augmentation de température de l'eau peut suffire. Comme vous n'êtes pas sûrs de vous-même, vous achetez inévitablement plus d'équipements,
habituellement superflus mais qui remplit le portefeuille du vendeur… En première conclusion : ACHETEUR, PRENDS GARDE.
Une deuxième source de renseignements réside dans les livres. Malheureusement, ceux-ci sont souvent à la traîne ou « à la ramasse » car trop vieux et souvent périmés. Nombres de livres que nous consultons ont dix ans ou plus et bien
des connaissances changent entre temps. La connaissance des poissons et leur survie en aquarium (par exemple, les Zanclus cornutus
étaient interdits de séjours dans les années 1990 alors qu'on peut leur offrir un environnement viable actuellement) avancent à grandes enjambées. Toutefois, les connaissancesanciennes sur le 'vivant' sont rarement contredîtes
ultérieurement, elles sont simplement améliorées. En revanche, les techniques utilisées pour lamaintenance de nos chères (!!!) écailles progressent tous les jours. Un livre traitant du matériel technique tels que les filtres, les
écumeurs, l'éclairage, ..., devient rapidement obsolète car de nouveaux équipements sont développés et chaque année voit sa vague de nouveautés. Aussi, avant que vous décidiez de n'importe quoi pour votre matériel, posez des
questions sur ce que les livres indiquent. J'occulte les magasines car ceux-ci ne traitent presque jamais des matériels par des comparatifs, la publicité à l'intérieur de ces revues les oblige à une autocensure peu compatible avec
des conseils raisonnables !
La troisième source extrêmement réactive est en 'direct live' : Internet avec les groupes de discussions. Les forums présentent un avantage de poids car les personnes intervenant sur ces derniers n'ont aucun gain financier à
venir par ce qu'elles recommandent et sont généralement et habituellement impartiales. Il faut toutefois émettre un bémol avec la menace d'un risque de dérapage qui consiste à glorifier tel matériel au détriment d'un autre. Par
exemple, « moi, j'ai l'écumeur YYY, ou la pompe ZZZ, c'est le meilleur matériel du monde, utilisez-le ! » ou « j'ai maintenu 10 poissons anges de 25 cm avec 4 groupes de 6 demoiselles de 14 cm dans un aquarium de 200 litres
pendant les 5 dernières années, c'est facile, on peut le faire ! ». Faîtes préciser si c'est en même temps ou les uns à la suite des autres… !!! Lorsque plusieurs intervenants donnent leur avis sur le même sujet et que ces avis
convergent, faîtes-leur confiance, eux au contraire des vendeurs, n'ont rien à gagner sauf vos remerciements. Les clubs et associations d'aquariophilie sont également une source de conseils fort utiles. Ils apportent, en outre,
un avantage non négligeable : la main d'œuvre. Toutefois, sauf à trouver au sein de votre club la personne ayant strictement l'expérience que vous recherchez, les sources de conseils seront plus limitées que sur Internet, mais, il
faut le reconnaître, c'est un plus dont il ne faut pas se passer.
Tout en recueillant vos informations, vous devez toujours avoir à l'esprit : est-ce logique ?, est-ce en accord avec ce que les livres disent ?, est-ce le point de vue des « experts » sur Internet ? Vous devez également obtenir
autant de recommandations et de précisions que vous pouvez et, alors, essayer de décider ce qui est exact POUR VOTRE SITUATION PARTICULIERE. Même certains des « experts » les plus notables sur Internet ne peuvent pas tout
connaître, surtout votre situation A VOUS, et ainsi ne pas trouver ce qui est le plus juste pour vous. Les bases, les fondations d'un aquarium sont galvaudées et connues : un certain consensus apparaît à ce propos. Il faut donc
toujours revenir sur ces bases solides en cas de doute. Si vous obtenez un conseil qui sort des sentiers battus, circonspection et méfiance seront vos règles.
Avant d'acheter « n'importe quel » équipement, vous devriez décider de quel type d'environnement (ou installation) vous souhaitez. Certains vont arguer du fait qu'il est plus facile de réaliser un aquarium avec seulement des
poissons, car les poissons peuvent résister à un plus grand degré de fluctuations de qualité et de pollution de l'eau. Et cette affirmation est à peu près juste (voir ci-après) en comparaison des aquariums dits « récifaux ».
Cependant, il faut relativiser. En effet, un aquarium récifal est légèrement plus difficile, mais est beaucoup plus intéressant car plus diversifié. Il donne également plus de satisfactions et accentue le sens du terme :
accomplissement. Aussi, beaucoup de gens commencent avec un bac FO (Fish Only*) et veulent passer au récifal en améliorant et en ajoutant et en… etc. Ceci a invariablement comme conséquence de remplacer l'équipement existant
d'origine car, pour des soucis d'économies initiales, la qualité utile et nécessaire pour du récifal n'est pas identique à celle d'un bac FO. Je souhaiterais proposer que vous achetiez votre matériel en ayant toujours à l'esprit
le mot « récifal ». Conservez vraiment ce mot en mémoire, même si au commencement, vous ne projetez que la maintenance de poissons seulement.
Un mot a été écrit : économies. Il ne sera jamais suffisamment dit et répété qu'un aquarium d'eau de mer, même s'il constitue un aboutissement dans la passion d'un aquariophile, coûte CHER, TRES CHER, surtout en comparaison d'un
aquarium d'eau douce.
Un énoncé général veut qu'un aquarium de type FO soit le plus facile de maintenance, ou, exprimé à l'inverse, qu'il est beaucoup plus difficile de conserver un
aquarium récifal avec des coraux, des invertébrés, etc. C'est une affirmation fallacieuse et totalement déloyale et injuste envers un aquariophile marin débutant.
Je m'explique :
Personnellement, j'estime que l'expression « maintenance facile », s'applique plutôt à un aquarium récifal avec quelques coraux mous, des crevettes nettoyeuses et quelques vers tubicoles. Ceci est en effet beaucoup plus facile que
de garder des poissons car ces invertébrés causent beaucoup moins de pollution et occasionnent donc beaucoup moins de charge organique sur l'écosystème biologique. Le système de filtration devient alors bien moins critique et
d'importance moindre pour assurer une maintenance à long terme tout en espaçant les changements d'eau, etc. Les invertébrés ne subissent pas de maladies courantes comme le point blanc (par exemple). Beaucoup de coraux et autres
animaux photosynthétiques ne s'alimentent que de lumière et n'ont besoin d'aucune autre alimentation, ce qui fait évidemment décroître la pollution induite par ces animaux. Une quantité minimum de lumière est nécessaire, mais,
heureusement, certains coraux n'ont besoin que d'un éclairage peu puissant et peuvent être conservés sous des tubes fluorescents normaux (il en faut un certain nombre quand même !).
La partie 'difficile' de maintenance d'un aquarium récifal intervient lorsque vous voulez conservez un bon nombre de poissons dedans ! C'est justement cela qui ne fonctionne pas très bien et ne doit absolument pas être recommandé
aux novices ! Commencez plutôt avec un aquarium récifal simple et peu important mais avec un bon nombre de PV (Pierres Vivantes), l'élément essentiel de la filtration biologique, de quelques coraux mous 'faciles' (coraux cuirs,
anémones disques, corail gazonnant), de quelques vers tubicoles (sabelles), etc. et seulement quelques poissons compatibles avec un aquarium marin récifal.
N'oubliez pas qu'un aquariophile marin voudra, tôt ou tard, toujours mettre quelques coraux. Prévoyez-le à l'avance ! Aussi, apprenez autant que vous pouvez au sujet des différentes méthodes de filtration, de la compatibilité des
animaux entre eux, de la nourriture et de l'alimentation, tant des poissons que des coraux et toute autre information qui vous semblera utile. Vous pourrez ainsi de mieux en mieux planifier votre installation en ALLANT LENTEMENT.
Avec les aquariums marins, on peut énoncer une règle :
Si vous remplissez votre aquarium avant qu'il n'ait effectué un cycle complet, vous tuerez probablement vos animaux. Si vous approvisionnez votre bac trop rapidement, une autre phase transitoire du cycle de l'azote (avec ammonium et nitrites), tuant encore probablement vos animaux. Au mieux, vous aurez des algues à problèmes (filamenteuses) ou encore des poissons malades dont l'espérance de vie est irrévocablement et sérieusement écourtée. Rappelez-vous que c'est un passe-temps à long terme et il n'est pas rare de constater qu'un aquarium se stabilise seulement correctement après 6 mois ! N'oubliez pas non plus que vos coraux peuvent vous survivre et même certains poissons très communs peuvent vivre 20 ans et plus si vous faîtes preuve de PATIENCE.
L'équipement matériel ne se doit pas d'être très cher (ce n'est pas le but, bien au contraire), mais il est fréquent que cela coûte
beaucoup plus cher que ce que vous aviez à l'esprit à l'origine. Il n'est pas utile de choisir les prix extrêmes, tant vers le bas que vers le haut. C'est
particulièrement pour cette raison que vous devez toujours savoir là où vous souhaitez aboutir et ne pas vous détourner de la voie initialement choisie. Si
vous déviez, c'est à ce moment que notre passion devient horriblement ruineuse (elle est déjà un peu onéreuse au départ, il n'est vraiment pas indispensable
d'en rajouter !).
L'équipement minimum d'un aquarium d'eau de mer est constitué de l'aquarium, l'éclairage, la filtration et le brassage. Les autres
équipements restent simples et beaucoup sont optionnels.
Bien qu'il soit envisageable de conserver avec succès des aquariums marins très petits (pico, nano et mini récifs de moins de 150 litres), c'est un domaine spécialisé avec un champ d'application restreint. Ce n'est vraiment pas l'idéal pour un débutant. On peut considérer qu'un aquarium de 200-250 litres est un volume minimum « acceptable », mais plus, c'est mieux ! Et à partir de 300 litres, c'est correct et viable pour une longue durée.
Un rappel de conventions (à cause du système mathématique euclidien du type XYZ usuellement utilisé) : les dimensions d'un aquarium se notent Longueur (L) x largeur (l) x hauteur (h). Le mot « profondeur » est à proscrire car il peut indiquer la largeur autant que la hauteur et provoquer ainsi des non-sens ou des incompréhensions !
En même temps que le volume, la forme de l'aquarium a son importance aussi :
La plupart du temps, l'inconvénient majeur d'un plus grand aquarium (hors le problème de l'emplacement) reste financier :
Toutefois, il faut relativiser et un aquarium de 300 litres ne coûte pas du tout 3 fois plus cher qu'un aquarium de 100 litres. Ce n'est pas proportionnel.
Notez que les indications de puissance par litre (W/L) sont émises sur la base du volume extérieur brut de l'aquarium et basée sur une température de couleur de 10 000K. Celles-ci sont à moduler en fonction de la hauteur du bac qui reste l'élément principal pour déterminer une puissance minimum et la température de couleur des lampes utilisées. Les verres de couvertures fréquemment employés en eau douce sont définitivement à proscrire et à bannir en aquariophilie marine (sauf éventuellement en bac purement FO) car ils atténuent beaucoup trop la puissance lumineuse (20% au moins selon l'épaisseur du verre) et modifient le spectre lumineux pénétrant dans l'eau (principalement le bas du spectre vers la zone des UV et du bleu, et c'est surtout le bleu que l'on recherche !!!).
Le type et la puissance lumineuse de l'éclairage dépendent du type d'installation :
Le type d'éclairage est également important :
La « température de couleur » (qui détermine un rayonnement lumineux et s'exprime en Kelvin -K-) de la source lumineuse est également très importante. L'eau « absorbe » les couleurs de lumière de longueurs d'ondes les plus élevées (le rouge, puis l'orange, puis le jaune) à très faible profondeur dans l'océan. La lumière issue de longueurs d'ondes plus courtes comme le vert, le bleu et le violet pénètrent plus profondément dans l'eau. En plongeant en dessous de la surface de l'eau, la lumière rouge disparaît d'abord, le jaune devient inexistant à partir de 5 m (cela signifie qu'un poisson jaune qui nage par six ou sept mètres de profondeur n'apparaîtra plus jaune, mais gris, car la couleur originelle n'est visible pour l'œil uniquement parce que son corps réfléchit le spectre jaune de la lumière du soleil) et la dernière couleur à rester visible en profondeur est le violet. Le phénomène qui conduit à l'absorption de la lumière par l'eau n'a rien à voir avec la teneur en sel et cette salinité n'a aucune incidence réelle sur cette diminution (quasiment identique à celle constatée avec de l'eau distillée). Les réels « absorbeurs » de lumière sont les substances dissoutes (comme les substances colloïdales jaunes) et les éléments non dissous en suspension dans l'eau qu'ils soient inorganiques (les sédiments calcaires par exemple) ou organiques (comme le plancton rouge -vivant- ou vert -algues-).
Une valeur basse de Kelvin correspond à une lumière à longueur d'onde élevée, donc à dominante rouge, à l'inverse, une valeur élevée de Kelvin correspond à une lumière à onde courte, donc à dominante bleue. La lumière rougeâtre d'un soleil couchant possède une valeur Kelvin relativement basse de l'ordre de 2500 à 3900 K, la lumière naturelle par un jour nuageux possède une valeur de l'ordre de 5000 K tandis qu'avec un ensoleillement « normal », on admet que la lumière du soleil à la surface de l'eau a une température de couleur moyenne aux environ de 6500 K (ces valeurs indicatives dépendent complètement de la zone géographique terrestre et des saisons auxquelles les mesures sont prises). Sur certaines zones de la terre, un ciel bleu dégagé par un jour de fort ensoleillement peut avoir une température de couleur atteignant 20 000 K et plus.
En admettant une valeur moyenne « naturelle » proche de 6500 K à la surface de l'eau, sans étayer ses valeurs par des graphiques complexes, la couleur rouge étant stoppée dès les premiers décimètres d'eau, à partir de 1 m de profondeur, la température de couleur se rapproche bien plus des 10 000 K jusqu'à environ 10 m de profondeur. Au-delà de 15-20 m de profondeur, la partie du spectre encore présent est équivalente à une température de couleur de 20 000 K.
Puisque la plupart des coraux vivent près de la surface, la lumière en 10 000 K représente réellement une valeur normale. Si on installe un aquarium récifal contenant des espèces vivant à plus grande profondeur que 10 m à l'état naturel, il vaut mieux employer des lampes en 20 000 K. Les valeurs intermédiaires (13 000, 14 000 K, etc) sont des paliers intéressant en fonction des espèces hébergées. Rappelez-vous que l'intensité lumineuse (les Lumens) d'une lampe diminue de moitié en même temps que sa température de couleur double. Ainsi, grossièrement, on peut dire qu'une ampoule en 20 000 K émet 2 fois moins (!!!) de Lumens que l'ampoule équivalente en 10 000 K.
Personnellement, j'estime que le couple « HQI 10 000 K + tube actinique » convient à la très grande majorité des situations rencontrées en aquarium récifal. Les tubes actiniques permettent des transitions jour/nuit moins violentes qu'avec les HQI, ils rehaussent aussi la température de couleur globale, ils apportent une touche plus froide (bleuté) à ce que nos yeux voient et ils font ressortir les couleurs irisées/métalliques de certains coraux. Ils cumulent donc de nombreux avantages et il ne faut pas s'en priver même si cela complique légèrement l'installation de l'aquarium.
La puissance nécessaire de chaque spot ou lampe HQI dépend de la hauteur de l'aquarium. Ainsi, pour un bac de moins de 50 cm de haut (hors tout, c'est-à-dire avec 40-45 cm de hauteur exploitable car on réserve généralement 5-10 cm en haut pour quelques éléments techniques), une puissance de 150 W suffit alors qu'au-delà de 90 cm de haut, il faudra des lampes de 1000 W. On peut ainsi se reposer sur ce tableau :
| Hauteur hors tout | Hauteur utile | Puissance en Watts |
| Jusqu'à 50 cm | 40 cm | 150 W |
| Jusqu'à 60 cm | 50 cm | 250 W |
| Jusqu'à 80 cm | 60 à 70 cm | 400 W |
| 90 cm et plus | 80 cm et plus | 1000 W |
Ce ne sont que des valeurs indicatives empiriques couramment constatées et basées sur des lampes en 10 000 K pour la maintenance de coraux durs SPS.
Finalement, n'éclairez pas trop longtemps : 11 à 12 heures d'éclairage complet par jour sont suffisantes. Si vous voulez un aquarium éclairé plus longtemps, installez-y une veilleuse de faible intensité et n'oubliez pas que les poissons ont l'habitude de dormir au moins une dizaine d'heure dans les mers et océans tropicaux. Laissez-les se reposer aussi.
La filtration et l'élimination biologique des produits indésirables dans l'eau vont distinguer le cas du 'avec' ou 'sans' coraux.
En résumé, dès qu'on entre dans l'univers des invertébrés, il faut passer à des solutions plus biologiques (traitement biologique de l'eau) et bannir l'utilisation des types de filtres précédemment cités qui maintiennent malgré eux des niveaux de nitrates incompatibles avec le niveau (très bas, voir nul) supporté par les invertébrés de toute nature, les coraux durs restants les plus sensibles à ce sujet. Il faut donc se diriger vers l'emploi de méthodes (appelées Berlinoise, Jaubert ou encore Ron) qui, pour certaines, font appel à un écumeur.
Dans le principe d'une filtration dite 'biologique', les déchets organiques des consommateurs (les animaux) sont transformés en matières inorganiques, donc inertes, qui serviront ultérieurement aux producteurs (les algues) à fabriquer des tissus vivants et la boucle est bouclée : c'est le cycle de l'azote.
Encore une solution : le réfractomètre. C'est un appareil permettant de déterminer avec précision
la densité de l'eau de mer avec une plage d'utilisation extrêmement large commençant à 1000 avec une précision de 0,001 et compensation de la température de 10-30°
(variable selon les modèles). Ce dernier appareil est l'idéal : d'un coût bien moindre qu'un conductivimètre, il fera également le bonheur des aquariums avec
de l'eau saumâtre dans lesquels la faible densité est souvent difficile à lire avec précision sur les densimètres à aiguilles.Les autres petits matériels sont ceux couramment employés en aquariophilie comme une ou deux épuisettes, des aimants pour le nettoyage rapide des vitres, etc.
Lors de la partie sur la résolution des problèmes classiques, les matériels optionnels tels que les réacteurs à calcaire, l'osmolateur et d'autres seront introduits.
L'idéal d'un aquarium est de se rapprocher le plus possible du milieu naturel. Il importe donc de connaître quelques interactions et
quelques principes sur l'eau de mer naturelle.
Rappelons que l'eau de mer est très riche dans sa composition puisqu'elle regroupe plus de 60 constituants différents. Les principaux éléments sont les sels dissous et, qui définissent en principe la salinité, sont (par ordre de
poids décroissant) : le chlorure de sodium (NaCl), le chlorure de magnésium (MgCl2), le sulfate de magnésium (MgSO4), le sulfate de calcium (CaSO4),
| Mer ou Océan | Salinité S |
| Mer Rouge | 40 |
| Côte est-africaine | 32-35 |
| Ceylan | 30-34 |
| Singapour | 30-32 |
| Mer des Caraïbes | 35 |
| Floride | 34-35 |
| Philippines | 30-34 |
| Mer de java | 32 |
Il faut noter la remarquable stabilité de la composition de l'eau de mer au travers des mers et océans du globe. Toutefois, les mers et
océans n'ont pas les mêmes salinités (exprimées en gramme par litre), variant de 30 à 40 g/l selon les endroits (cf. tableau ci-contre).
Toutefois, plus qu'en salinité, nous parlons généralement, pour des raisons pratiques, de poids spécifique ou de
densité. Mais comme la température influence le poids spécifique, les valeurs diffèrent de celles indiquées en g/l.
Malgré tout, l'idéal consisterait à connaître parfaitement la salinité/densité le plus précisemment possible.
Les concentrations des éléments chimiques composant l'eau de mer naturelle (en anglais: NSW ou Natural Sea Water) sont exprimées en parts par million (ppm).
Les valeurs obtenues des concentrations peuvent varier en fonction de l'origine géographique et en fonction des techniques utilisées pour peser les divers éléments. Les valeurs indiquées sont issues de la moyenne de deux sources différentes, tant en localisation que dans le temps. Evidemment, la proximité d'une embouchure de fleuve par exemple, apporte aussi son lot de variations dans la composition de l'eau de mer naturelle.
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Cette partie a définitivement été transférée dans l'article : pourquoi mesurer la conductivité pour déterminer la salinité en aquariophilie marine d'eau de mer?
D'ailleurs, la relation exacte unissant la conductivité à l'égard de la température est bien connue : elle est définie par l'Equation Internationale d'Etat de l'eau de mer de l'Unesco (IES 080). Et plutôt qu'un long discours à
ce sujet, référez-vous au module de «Calculs et Conversions Aquariophiles Eau de Mer» qui vous permettra d'appréhender par essais les conséquences et
l'influence de la température sur la conductivité et la salinité qui en découle.
Pour en revenir à la question initiale, c'est-à-dire pourquoi mesurer la salinité par le biais de la conductivité, c'est pour obtenir une valeur précise qui concordera le mieux avec les animaux que vous hébergez dans votre
aquarium. Plus vous collerez aux valeurs naturelles dans lesquelles se maintiennent vos coraux et autres invertébrés (les vertébrés y sont moins sensibles), plus entrerez dans leur plage (intervalle de salinité) de croissance
optimum. C'est l'une des raisons pour lesquelles les aquariophiles marins tendent de plus en plus à réaliser des aquariums endémiques, car la salinité d'une mer ou d'un océan à l'autre varie (les mers ont une salinité plus
élevée que les océans).
La composition de l'eau de mer est d'une telle
stabilité que seules quelques altérations faibles et temporaires peuvent être observées. Les éléments vitaux sont également stables et présents dans les conditions requises. La teneur en oxygène est toujours faible. La
concentration en matières organiques est peu élevée, de même que celle des constituants inorganiques résultant de l'action des bactéries sur ces matières organiques. Le pH est constant et compris entre 8,1 et 8,3. Les bactéries
sont en nombre limité. L'eau est agitée constamment. En bref, on peut considérer le milieu des récifs comme un milieu idéal, voire même comme un milieu optimal. C'est la raison pour laquelle on y trouve un très grand nombre
d'espèces différentes, chacune représentée par un grand nombre d'individus. La surpopulation du milieu est fréquente et chaque individu doit quotidiennement lutter pour se nourrir et pour se maintenir. Par ailleurs, de nombreuses
espèces prédatrices peuplent également les récifs ou y font des incursions fréquentes pour y chasser. La lutte pour la vie est donc permanente et particulièrement difficile. Lors de plongées, il est d'ailleurs étonnant de constater
le nombre de poissons de récifs qui portent les marques de cette lutte. Cependant, malgré la concurrence et le danger constant, le récif reste un milieu idéal ! De là proviennent les nombreuses difficultés que l'on doit surmonter
lorsqu'on veut conserver ces animaux en aquarium. Les animaux ont l'habitude de vivre dans un milieu tellement stable qu'ils sont devenus très exigeants. Et comme dans leur milieu naturel, ils n'ont jamais eu à affronter des
conditions défavorables, ils n'ont jamais développé au cours de leur évolution de mécanismes protecteurs (au contraire des animaux d'eau douce, souvent contraints à de brusques variations de milieu : crues, pollution naturelle
passagère, etc). Ils n'ont pas de mécanismes d'adaptation souple et efficace. En fait, ils connaissent certaines facultés d'adaptation (sinon, il serait vraiment impossible de les maintenir en aquarium), mais elles sont faibles et
s'activent LENTEMENT.
De ces observations, il résulte 2 règles simples : il ne faut jamais exposer les poissons récifaux à des variations brusques de milieu, il est nécessaire de leur procurer un milieu artificiel aussi proche que possible du milieu
naturel. C'est là une tâche difficile mais c'est notre but d'aquariophile marin !