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Les anémones ont besoin d'une eau de qualité "récifale", c'est à dire proche du mieux possible. Elle doit être riche en oxygène dissous car les anémones ne vivent pas trop en profondeur dans les océans, mais plutôt dans les couches
d'eau superficielles. En conséquence directe, le brassage de surface devra être particulièrement soigné et elles se fixeront elles-mêmes aux endroits les mieux oxygénés : ça explique parfois le dépérissement de certaines anémones
de mer dans des bacs insuffisamment oxygénés! Afin de leur apporter cet oxygène vital, il convient aussi de bien brasser le fond de l'aquarium avec les espèces d'anémones qui vivent dans le sable. D'ailleurs, lors des périodes
chaudes telles que l'été, il est judicieux d'augmenter le débit de brassage afin d'améliorer l'injection d'oxygène dans l'eau. A noter qu'Heteractis magnifica est une anémone particulièrement délicate sur ce point.
Le chimisme de l'eau doit être stable pour espérer maintenir des anémones à clowns avec succès sur le long terme! Cela signifie que l'aquarium accueillant les anémones doit être en eau depuis plusieurs mois (!)
afin d'avoir un cycle de l'azote parfaitement maîtrisé et équilibré.
Enfin, la préparation de l'eau reconstituée avec des sels synthétiques est réalisée avec de l'eau osmosée et/ou décationisée afin d'éviter l'introduction d'éléments indésirables (nitrates, phosphates, métaux lourds,
agents pathogènes, etc.). La remise à niveau suite à un changement d'eau partiel doit être fait lentement (goutte à goutte par exemple) pour ôter tout pic ponctuel dans un élément de l'eau qui deviendrait potentiellement
préjudiciable à un animal sensible comme une anémone de mer et aux algues telles que Caulerpa racemosa également. Une
assimilation lente et patiente fait partie des secrets de la réussite et il est souhaitable de renouveler l'eau 4 fois par mois par petites doses qu'une seule grosse fois dans la même période.
En général, on considère que l'aquarium accueillant des anémones devrait pouvoir convenir à la maintenance de coraux durs de type SPS à petits polypes. Les conditions de maintenance sont donc similaires à tout aquarium récifal et,
tout d'abord, une température comprise entre 24 et 26 °C car au delà de 26 °C, le taux d'oxygène dissous diminue dramatiquement vite et l'activité des zooxanthelles productrices d'énergie n'est plus dans son optimum. Le pH sera
classiquement compris entre 7,8 au plus bas le matin jusqu'à 8,4 au plus haut le soir. Idéalement, un pH constant (entre 8,1 et 8,4) sera le meilleur. La densité doit être maintenue au delà de 1022 et jusqu'à 1026, soit une
salinité aux environs de 34-35‰. Les espèces de Mer Rouge accepteront une salinité légèrement plus élevée tandis qu'une salinité trop faible peut causer des dommages à cause de phénomènes osmotiques (problèmes
d'osmorégulation).
Evidemment, des paramètres comme la concentration en ions ammonium et le taux de nitrite doivent être strictement égaux à zéro. Les nitrates doivent se situer au plus proche du zéro sans excéder 10 mg/l. Les
anémones sont des animaux difficiles, rappelons-le.
Finalement, même si les anémones ne fabriquent pas de squelette calcaire (leur corps souple en témoigne) comme les coraux durs, les taux de Calcium et Magnésium (pour ne citer que ces 2 principaux)
doivent se situer dans les mêmes valeurs que dans un aquarium récifal, c'est à dire un taux de Ca compris entre 380 et 420 mg/l (et toujours au delà de 320 mg/l, mais jamais supérieur à 460 mg/l) et un taux de Mg proche de
1250 mg/l. Des paramètres ioniques mal maîtrisés (Calcium en deçà de 320 mg/l par exemple) aboutiront à un unique résultat : le dépérissement de l'anémone.
Il est parfois important de connaître l'origine géographique de l'anémone acquise. En effet, toutes les anémones en provenance de l'Océan Pacifique vivent dans les couches superficielles, peu profondes, d'eau. Dès lors,
un éclairage puissant devient obligatoire. Les variétés de couleur plus sombre de l'Océan Indien et de Mer Rouge sont moins difficiles à contenter car ces anémones proviennent de profondeurs avoisinant la quinzaine de mètres.
Mais, dans tous les cas, les anémones, qui sont des invertébrés utilisant la photosynthèse pour disposer d'énergie, ont de gros besoins en lumière et l'utilisation de lampes HQI associées à un réflecteur de qualité
est presque une obligation pour espérer tenir ces animaux durant de longues périodes. Les anémones vivant dans le sable sont particulièrement sensibles à ce paramètre car le flux lumineux diminue vite dans l'eau : de l'ordre
de 5 à 8% par tranche de 10 cm d'épaisseur de couche d'eau. Ce n'est pas tant le volume de l'aquarium qui importe mais bien l'épaisseur (hauteur) de la couche d'eau que les rayons ont à traverser pour atteindre et alimenter
les algues symbiotiques (les zooxanthelles). Ainsi, des puissances de 150 Watts conviendront convenablement à des aquariums avec moins de 40 cm d'eau, 250 Watts pour des bacs allant jusqu'à 55 cm de hauteur d'eau tandis qu'une
ampoule HQI de 400 Watts traversera valablement des couches plus épaisses (jusqu'à 70 cm). Pour mémoire et encore une fois, une anémone est aussi exigeante que des coraux durs.
Il faut, malgré tout, relativiser l'importance de la lumière en fonction des espèces. Ainsi, les anémones de sable sont plus difficiles à satisfaire en raison de leur position profonde. Les anémones qui s'ancrent sur
une pierre vivante ont la faculté d'évoluer en hauteur sur le décor rocheux : elles trouvent ainsi d'elles-mêmes la solution lumineuse qui leur convient le plus (en combinaison avec le brassage). Ainsi, il n'est pas illusoire
d'éclairer certaines anémones avec des tubes néons à haut rendement tels que des T5. Ceci est notamment vrai avec Entacmea quadricolor qui demande bien moins d'intensité lumineuse que ses congénères. Stichodactyla
haddoni, bien qu'appartenant au groupe des anémones vivant dans le sable, est également moins gourmande en lumière. Ces 2 anémones sont manifestement les plus indulgentes sur ce chapitre!
Vérifiez les nécessités de chacune en éclairement dans la description des espèces.
La qualité du brassage et la force du flux diffèrent en fonction des espèces; difficile d'admettre une règle générale, bien qu'elles nécessitent
toutes une excellente oxygénation de l'eau. Cela implique un brassage vigoureux en surface afin de favoriser au maximum les échanges gazeux
air/eau de l'aquarium. Les anémones vivent sur les pentes externes des récifs ou encore sur les platiers, elles sont donc naturellement dans
des zones suroxygénées à 110%. A l'inverse, le taux de CO2 est minimum.
Une difficulté supplémentaire réside avec les anémones vivant dans le sable : certaines aiment un brassage fort pour "respirer" et il est difficile de leur offrir cette condition sans faire "voler" le sable dans l'eau.
Seul un savant dosage et l'expérience détermineront un emplacement très favorable pour l'anémone. En plus, les anémones de sable ne se déplacent que dans un seul plan, la surface du sable, au contraire des anémones "tous terrains"
qui peuvent se déplacer en hauteur dans le décor pour trouver une position optimale.
Les anémones filtrent l'eau pour s'alimenter et utilisent les flux en mouvement autour d'elles afin que les tentacules captent de la nourriture et l'apportent jusqu'à l'orifice buccal. Le rôle du brassage est primordial
dans un succès de maintenance à longue échéance.
De toutes façons, l'anémone choisira son propre emplacement : inutile d'espérer lui imposer un endroit précis... et elle se déplacera tant qu'elle n'aura pas situé le meilleur lieu. Si les conditions de brassage sont
modifiées (une pompe qui s'encrasse et dispose d'un rendement moindre peut suffire), l'anémone est amenée à se déplacer à nouveau!
Heteractis magnifica est la championne sur ce chapitre.
Plus l'aquarium est volumineux, plus les paramètres de l'eau restent stables dans de bonnes conditions d'entretien courant. C'est la première
règle! Cela facilite et améliore nettement les chances de maintien au long court. Il est également inutile de tenter d'introduire une anémone
de 50 cm de diamètre dans un aquarium de 30 cm de large! En résumé, n'achetez pas une anémone qui peut potentiellement grandir, dépasser et...
déborder de l'aquarium, et une anémone en forme dans un excellent environnement grandit très très vite!
Les volumes indiqués dans le descriptif des espèces sont des volumes minimaux ne prenant en compte que la taille de l'anémone et en
dessous desquels il ne faudrait pas descendre. Ainsi, il est envisageable de maintenir une anémone dans des nanos-récifs sans trop de soucis
si on respecte les optimums de la maintenance "récifale", et une cuve d'une centaine de litres (mais assez large) acceptera déjà bon nombre
d'espèces d'anémones à clowns. A l'opposé, tenter de maintenir une Heteractis magnifica ou une Stichodactyla mertensii dans
un bac non spécifiquement aménagé et un gros système complet dédié à leur maintenance propre est une aberration, et ce serait condamner l'animal
dès le départ.
En ce qui concerne le matériel, il faut, dans tous les cas de figure, faire attention à l'emplacement des pompes de brassage et il
est régulièrement utile de modifier le système d'aspiration d'eau. En effet, surtout au début de son introduction, une anémone part en "ballade"
dans tout l'aquarium à la recherche de la position idéale pour elle. Il est fréquent qu'une anémone ait tendance à être attirée comme un aimant (!)
par les pompes de brassages en raison des mouvements d'eau à l'entrée de la pompe. Les anémones "escaladent" les vitres sans problème grâce à leur
pied préhensile et, à force de graviter autour de la pompe, elles finissent par se faire aspirer et... hachées menues par les pales du rotor de la
pompe!!! Ce genre d'incident est tellement courant que cela en devient navrant. Enfin, ne pensez pas qu'une anémone de sable soit à l'abri de ce
type d'accident car les pompes se décrochent parfois de leur support et tombent à même le substrat : l'anémone de sable aura vite fait de
profiter de votre absence pour chercher un autre endroit dans l'aquarium en raison des modifications induites aux flux du brassage. En conséquence,
protégez l'aspiration de vos pompes de brassages dès qu'elles se situent à l'intérieur du bac.
Si vous ne disposez pas de surverse (système de débordement), protégez l'accès au combiné chauffant! Une anémone peut parfaitement s'installer
sur ce combiné alors qu'il est hors-fonction, mais sa mise en route sera éminemment dangereuse, tant pour l'animal que pour le combiné lui-même!
Au contraire, si vous disposez d'un système de débordement, pour alimenter une cuve annexe de décantation par exemple, pensez à protéger
l'orifice d'alimentation en eau par un maillage (cage en grillage plastique) afin d'éviter l'obstruction potentielle du trou par l'anémone!!! Imaginez
la catastrophe qui subviendrait dans le cas où...
Le débat reste encore et toujours ouvert sur ce sujet... Plusieurs aquariophiles ont rapporté des problèmes en tentant de maintenir des anémones
d'espèces différentes dans des petits aquariums. Pour le moins, il semble qu'une compétition chimique éclate entre les anémones même dans des
aquariums de taille moins modeste. Dans tous les cas, des confrontations "physiques" sont inévitables lorsque les anémones se déplacent; le
combat qui s'en suit est rarement fatal à l'une des protagonistes, mais des traces de contacts cuisants, sortes de brûlures, résultent
inexorablement d'un tel face à face. Toutefois, quelques cas relatent l'absorption, l'ingestion complète d'une anémone par une autre! C'est
souvent une conséquence d'un système trop petit (aucune des anémones ne peut trouver sa place sans se "débarrasser" de l'autre).
Si vous souhaitez absolument maintenir plusieurs espèces d'anémones dans le même aquarium, prémunissez-vous par avance contre les effets
de ces affrontements. L'idéal consiste à disposer d'une cuve supplémentaire, ou de toute autre solution de repli, pour ôter l'anémone apparaissant
la plus stressée. Préparez-vous à être confronté à ces problèmes de guerre et restez vigilants durant plusieurs semaines! En optant pour
cette délicate maintenance, choisissez préférentiellement des espèces ne nécessitant pas les mêmes conditions de vie : une anémone qui vit dans le
sable et une anémone qui vit sur le haut du décor près de la surface auront moins de possibilités de se croiser. En revanche, 2 anémones préférant
le même substrat pour s'implanter auront toutes les (mal)chances de se combattre.
Notez qu'il est extrêmement facile de maintenir plusieurs individus d'une espèce d'anémone identique dans un unique aquarium, et cela,
même si les anémones ont des patrons de couleurs différentes ou proviennent de régions océaniques variées. Dans la nature, certaines espèces
vivent en grandes colonies de plusieurs dizaines d'individus sans soucis.
La réponse est clairement oui. En fait, il faut bien prendre conscience de 2 critères lorsqu'on planifie l'introduction d'une anémone dans un aquarium marin : l'anémone de mer est prédatrice, mais a contrario, elle a
aussi des prédateurs! C'est une nouvelle fois l'équivalent de la maxime : manger ou se faire manger...
Les prédateurs d'anémones sont nombreux et variés : certains nudibranches, quelques variétés de vers de feu, mais surtout les poissons-papillons, les gros poissons-anges ou encore les gros poissons-ballons/
poissons-globes pour ne citer qu'eux. Et quand bien même l'anémone abrite des clowns protecteurs, cela n'est pas suffisant pour arrêter un
Arothron de 40 cm! D'ailleurs, il n'est malheureusement pas exclu de voir les clowns périr à trop vouloir protéger leur
hôte. En revanche, certains poissons (comme Acreichthys tomentosus) connus pour dévorer des petites anémones telles
les Aiptasia spp., Anemonia majano et autres Zoanthus, laissent tranquilles ces anémones de mer trop grosses.
Les anémones ont un revers : ce sont de grandes prédatrices, et pas seulement de zooplancton... En effet, cela inclut de nombreuses espèces de poissons inféodés au substrat tels les poissons-faucons, éperviers,
dragonnets, blennies, gobies ou encore les poissons à la nage lente comme les Syngnathidae, c'est à dire les hippocampes par exemple.
Stichodactyla haddoni est spécialement connue pour sa gloutonnerie et ingurgite tout ce qui arrive à son orifice buccal, incluant crabes, crevettes, escargots, etc., sans distinction, ce qui dicte une règle générale :
"si une anémone de mer peut manger quelque chose, elle le fera probablement un jour ou l'autre".
Les anémones appartiennent à la même sous-classe des Zoantharia que les coraux durs. Normalement, ce sont des animaux plutôt fixes (on dit sessiles)
et une anémone change d'emplacement quand cela devient une nécessité de survie! Elle ne bougera que si elle a une raison de le faire. Habituellement,
une anémone bien positionnée dans un aquarium, disposant de conditions optimales de maintenance ne bougera pas durant des années. Cet indicateur
dans le temps est une preuve de bonne santé de l'anémone. Inversement, si l'anémone se met à se déplacer (sauf au cours de la période suivant
l'introduction), inquiétez-vous de modifications intervenues dans divers paramètres de maintenance : c'est le témoignage d'un dérèglement.
La bonne manière de procéder est de choisir une anémone en fonction de ce qu'on peut lui offrir comme site de maintenance et d'adapter, à
l'avance, le site et l'endroit dans l'aquarium semblant le plus approprié. Cette recherche préalable à l'achat de l'inter-opérabilité entre
l'aquarium et l'anémone sélectionnée sera le meilleur gage de réussite et d'espoir d'une anémone qui ne bouge pas.
Il faut également tenir compte du fait qu'une anémone grossit, grandit, s'étend : ce qui était agréable pour elle lorsqu'elle ne dépassait
pas 15 cm ne le sera plus nécessairement quand elle fera 30 cm. Il faut savoir anticiper ce phénomène inéluctable! Par ailleurs, au cours de son
existence, une anémone a tantôt des phases de rétractations et de contractions, tantôt des phases d'épanouissement et d'expansion. Ces cycles
répétitifs ne sont pas contrôlables, et une anémone va donc alternativement s'étaler allégrement puis se recroqueviller sur elle-même. C'est un
moyen d'adapter ses propres paramètres chimiques internes à l'environnement extérieur et de pratiquer un auto-nettoyage de son système car elle en
profite pour se débarrasser d'impuretés. Certaines anémones vont même aller jusqu'à pratiquer ces contractions/expansions tous les jours et ce
n'est pourtant pas un signe de contrariété ou de mauvaise santé : cela dépend des individus. Malgré tout, la majorité des anémones vont rester
gonflées tout le temps de la durée d'éclairage afin de profiter de cette énergie solaire. Une anémone qui resterait contractée assez longtemps
après l'allumage de l'éclairage va probablement ne pas tarder à se déplacer et aller à la recherche d'un site plus favorable. Penser alors à vérifier
l'usure des lampes ou à nettoyer les réflecteurs par exemple...
Globalement et pour résumer, une anémone qui se sent bien, là où elle est, ne bougera pas. Il convient alors de toujours faire en sorte de ne pas modifier les conditions de maintenance.
Peu de solutions, mais en relisant les paragraphes précédents, ce sont surtout les facteurs environnementaux qui ont un impact sur l'immobilité ou non d'une anémone. Vous devez surveiller les paramètres les plus courants et les maintenir à leur meilleur niveau :
Il est juste nécessaire de procurer le meilleur environnement et le plus adapté possible à l'espèce précise de votre anémone : elle ne bougera plus de son lieu favori si tous ces facteurs restent constants dans le temps.